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Monophasé ou triphasé : quel chargeur embarqué et borne de recharge faut-il choisir ?

Une Citroën ë-C3 et une borne Hager triphasée / Image : Bevolt.

Rares sont les vendeurs qui maîtrisent la question. Pourtant, le choix du chargeur embarqué dans un véhicule électrique est primordial, tout comme le choix de la prise ou borne de recharge à domicile. Selon que l'un ou l'autre est conçu pour recevoir du courant monophasé ou triphasé, la puissance de charge réellement atteignable varie fortement. Pour éviter les mauvaises surprises, mieux vaut étudier attentivement le sujet avant de passer commande.

Commençons par les fondamentaux. Pour comprendre la différence entre le monophasé et le triphasé, il faut remonter aux centrales électriques. En tournant sur eux-mêmes, les alternateurs des centrales nucléaires, hydroélectriques et thermiques produisent du courant triphasé. De l’électricité est générée à travers trois fils de phase (d'où le nom triphasé) puis transportée sur le réseau jusqu’au pied de votre domicile.

À quelques exceptions près, la quasi-totalité du réseau public d’électricité repose donc sur du courant triphasé. C’est à partir de votre point de livraison individuel (le coffret qui abrite le compteur chez vous) que le courant peut être livré en monophasé ou en triphasé.

Lorsqu’un logement est raccordé en monophasé (l’immense majorité des cas en France), Enedis, le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité, branche un seul des trois fils provenant du réseau. En triphasé, ce sont logiquement les trois fils qui sont mis à disposition du logement.

Câble triphasé et monophasé / Image : AP.

Le courant triphasé n’est utile qu’aux foyers utilisant de rares appareils qui nécessitent ce type de courant (équipements professionnels, certaines pompes de piscine, pompes à chaleur et bornes de recharge pour véhicule électrique), ainsi qu’aux vastes logements très gourmands en électricité. Le monophasé convient dans l’immense majorité des cas, même dans la plupart des maisons tout électriques.

Dans le secteur résidentiel, la limite de puissance en monophasé est souvent de 12 kVA (soit environ 11 à 13 kW). Au-delà, Enedis impose généralement de passer sur un raccordement triphasé.

Un compteur Linky triphasé (à droite) et monophasé (à gauche) dans un colonne d’immeuble / Image : AP.

Lorsqu’on est raccordé en triphasé, la puissance souscrite doit obligatoirement être répartie à parts égales entre les trois phases. Un abonnement de 12 kVA en triphasé ne donne donc que 4 kVA par phase. Pour éviter de disjoncter, il est impératif d’équilibrer la puissance sur les trois phases à travers le tableau électrique du logement.

Placer tous les radiateurs électriques ou un four et une plaque de cuisson sur une même phase fera systématiquement disjoncter le compteur Linky pour « puissance souscrite dépassée » (ce message s’affiche sur l’écran du compteur dans cette situation). Le triphasé est donc un peu plus contraignant que le monophasé, à moins d’opter pour une puissance souscrite élevée et donc un abonnement mensuel plus coûteux.

Cette logique de répartition s’applique de la même façon aux prises et bornes de recharge pour voitures électriques.

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Si vous résidez dans un logement raccordé en triphasé, vous avez libre choix entre une prise renforcée, une borne monophasée ou triphasée. Les bornes monophasées étant nettement moins chères, il est tentant de les choisir, mais attention aux conditions :

  • En optant pour une borne monophasée 32 A (7,4 kW), qui est donc raccordée sur une seule des trois phases de votre tableau électrique, il faut veiller à ne pas dépasser votre puissance souscrite (divisée par le nombre de phases, pour rappel). Ainsi, un abonnement 12 kVA ne permet pas de la faire fonctionner à pleine puissance, puisque chaque phase ne peut délivrer que 4 kVA au maximum. Il faut donc rehausser la puissance souscrite à 24 kVA ou brider l'intensité de la borne à 16 A (3,7 kW) si elle est dotée d’une telle fonction, ce qui lui fait perdre tout son intérêt.
  • En optant pour une borne triphasée, le courant est obtenu simultanément des trois phases et il est possible de recharger à des puissances très élevées. Si la borne est réglable (c’est le cas de nombreuses bornes triphasées), on peut librement choisir une intensité de recharge allant de 6 A (4 kW) jusqu’à un maximum de 16 A (11 kW) ou 32 A (22 kW) selon le modèle. Ainsi, il n’est pas toujours indispensable de relever la puissance souscrite. Un abonnement en 12 kVA peut convenir si la borne triphasée est configurée manuellement pour délivrer pas plus que 11 A, soit 3,6 A par phase (donc une puissance totale d'environ 7,6 kW au total). Attention : le chargeur embarqué du véhicule doit également être triphasé.
  • En optant pour une prise renforcée, naturellement limitée à 3,7 kW, la configuration est beaucoup plus simple et économique. La prise n’est raccordée qu’à une seule phase et sa puissance plafonnée ne fera jamais disjoncter le compteur (sauf si vous avez souscrit à une puissance inférieure à 12 kVA, ce qui est très rare en triphasé).

Le raccordement d’une borne monophasée et triphasée / Image : AP.

Le choix du type de chargeur AC embarqué dans le véhicule est tout aussi crucial que le choix de la borne de recharge. Actuellement, les fabricants proposent trois déclinaisons de chargeurs, de série ou en option :

Chaque chargeur a ses avantages et inconvénients. Par exemple, une voiture équipée d’un chargeur 7,4 kW monophasé qui se branche sur une borne 11 kW triphasée ne peut pas dépasser 3,7 kW. En effet, les 11 kW sont divisés sur les trois phases. Le chargeur n'étant capable d'exploiter qu'une seule phase de la borne triphasée, il ne peut pas atteindre sa puissance maximale (11/3 = 3,7 kW). Toutefois, il peut l'obtenir si le chargeur est en 22 kW (22/3 = 7,3 kW).

Dans l’autre sens, une voiture équipée d’un chargeur triphasé 11 kW peut charger sur une borne monophasée à 7,4 kW. Dans cette situation, le chargeur embarqué commute la phase unique de la borne sur deux de ses trois phases.

Selon le type de borne sur lequel ils se branchent, les automobilistes non avertis peuvent donc être plus ou moins frustrés. Pour éviter les mauvaises surprises, voici un tableau récapitulant les puissances maximales atteignables par le véhicule selon le type de chargeur embarqué et le type de borne.

Chargeur embarqué du véhiculeSur une prise renforcéeSur une borne 7,4 kW monoSur une borne 11 kW triSur une borne 22 kW tri
7,4 kW mono3,7 kW7,4 kW3,7 kW7,4 kW
11 kW tri3,7 kW7,4 kW11 kW11 kW
22 kW tri3,7 kW7,4 kW11 kW22 kW

Le choix de chargeur embarqué et de borne ne doit pas être négligé. N’écoutez pas systématiquement les commerciaux, qui peuvent chercher à vous vendre une option ou un câble en vantant maladroitement une caractéristique qui n'est pas adaptée à votre situation. Fiez-vous seulement à vos besoins et aux caractéristiques du point de charge sur lequel vous allez faire le plein au quotidien.

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Hugo est un journaliste spécialisé dans l'environnement, l'aménagement urbain, les transports propres et énergies renouvelables. Il sonde l'évolution des pays dans ces domaines et rêve de pouvoir un jour voyager en avion électrique.
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