Si la dynamique de l'électrification est bien là du côté des VP (véhicules particuliers), elle semble également s'étendre au segment du VU (véhicules utilitaires). La réalité des chiffres est là : les fourgonnettes électriques gagnent du terrain. Les modèles électrifiés (100 % électriques et hybrides rechargeables confondus) ont représenté 12,9 % des immatriculations en Europe au premier trimestre 2026 (58 592 exemplaires livrés), contre 9,5 % un an plus tôt. En volume, la France arrive en deuxième position avec 11 167 fourgonnettes électrifiées immatriculées (+35 %), juste derrière le Royaume-Uni (11 374).

Voitures électriques d’occasion : une demande en forte hausse, sans effet sur les prix
La progression est nette, mais elle doit être relativisée... En effet, le diesel conserve encore 82,4 % du marché européen, avec 362 392 unités immatriculées sur la période. Cette résistance du diesel s’explique en partie par les usages. Les utilitaires légers restent des outils de travail. Dans la plupart des cas, ils sont utilisés pour des tournées assez longues, avec des charges importantes et des besoins de disponibilité élevés. Un certain nombre d'artisans, de transporteurs ou de flottes qui exercent en dehors des centres urbains ont encore du mal à se projeter avec des autonomies qui tournent autour de 250 km réels.

Du côté des camions, la progression de l’électrique est assez spectaculaire en pourcentage, mais encore limitée en volume. Au cours du premier trimestre 2026, les modèles électrifiés ont atteint 5 049 unités, soit 4,1 % du marché européen. Cette fois-ci, c'est l’Allemagne qui joue un rôle moteur. Le pays représente à lui seul 27,5 % des immatriculations européennes (1 387 exemplaires). Ça progresse fort en France tout de même avec 552 camions électrifiés livrés, soit une augmentation de 66,3 % par rapport à l'an passé. Le Royaume-Uni (813) et les Pays-Bas (624) font mieux que nous !
Là aussi, le diesel reste ultra-dominant : il représente encore 91,6 % des nouvelles immatriculations de camions en Europe, et ses ventes ont même augmenté de 10,7 %.
C'est le segment des bus qui est le plus avancé dans la transition vers l'électrique. En effet, les bus électrifiés représentent désormais 22,9 % du marché européen, avec 3 107 immatriculations au premier trimestre 2026 (+14 %). Le Royaume-Uni (603 modèles livrés) et l’Italie (491) ont largement contribué à cette progression. En France, « seulement » 224 bus électrifiés se sont vendus. Mais là encore, le diesel ne disparaît pas. Les ventes de bus diesel ont progressé de 8,5 % et conservent 66,2 % % du marché.
Pour que la bascule s’accélère réellement, les constructeurs devront élargir l’offre ! Tandis que les pouvoirs publics et les opérateurs devront renforcer les infrastructures de recharge adaptées aux usages professionnels.










