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Êtes-vous prêts à payer plus cher une voiture électrique équipée d'une batterie produite en Europe ?

Aujourd'hui, les cellules de batterie destinées aux voitures électriques fabriquées en Europe coûtent en moyenne 90 % plus cher que celles qui viennent de Chine. Le plan « Made in Europe » de la Commission européenne pourrait permettre de réduire cet écart, mais pas complètement...

Selon un rapport publié le 2 mars par l’ONG Transport & Environment (T&E), l’écart de coût entre les cellules produites en Europe et celles importées de Chine a de grandes chances de se réduire sensiblement d’ici la fin de la décennie. Aujourd’hui estimé à 90 %, il tomberait autour de 30 % si la production européenne monte en puissance. Si l'Empire du Milieu s'en sort mieux que nous, c'est avant tout parce que les gigafactories du pays bénéficient d’années d’expérience et de volumes massifs qui tirent les prix vers le bas.

Ce débat intervient alors que la Commission européenne a dévoilé son « Industrial Accelerator Act », pilier du futur plan « Made in Europe ». Le texte prévoit de conditionner certains financements publics à des critères de contenu local dans des secteurs stratégiques, dont les batteries, les véhicules électriques ou encore les énergies renouvelables. Avec ce plan, Bruxelles cherche à soutenir la réindustrialisation du Vieux continent et réduire la dépendance vis-à-vis des importations asiatiques.

T&E estime que les progrès industriels (baisse des taux de rebut, amélioration du savoir-faire, automatisation accrue) pourraient ramener l’écart de coût à environ 14 dollars/kWh en 2030 entre l'Europe et la Chine, contre 41-43 dollars aujourd’hui. Cela représenterait un surcoût de 500 euros en moyenne, avec des variations allant de 300 à 750 euros selon les modèles. Un montant qui pourrait être partiellement compensé par des dispositifs publics, mais qui resterait perceptible pour les ménages européens.

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Pour ceux qui défendent une politique en faveur d’un contenu local renforcé, ce différentiel doit être perçu comme une « prime de souveraineté ». L’Europe a déjà été confrontée à des restrictions à l’exportation sur certaines matières premières critiques. Les matériaux qui entrent dans la composition des batteries (lithium, nickel, cobalt) sont exposés aux mêmes risques géopolitiques. Développer une capacité de production locale reviendrait à souscrire une forme d’assurance contre d’éventuelles tensions commerciales.

Du côté des constructeurs automobiles, le discours est plus nuancé. Certains redoutent que des exigences trop strictes en matière de contenu européen ne pénalisent la compétitivité de leurs modèles électriques... Alors qu'ils sont déjà confrontés à une forte pression sur les prix. Ces quelques centaines d’euros supplémentaires pourraient peser dans la décision d’achat. Tout dépendra donc de la politique décidée en matière de subventions pour les voitures électriques qui disposent d'une batterie fabriquée en Europe.

En attendant, près de la moitié, voire jusqu’à 70 % de la valeur de certains composants clés d’un véhicule électrique provient déjà d’Europe selon l’analyse de T&E. Mais ce sont bien les batteries qui concentrent l’essentiel du surcoût potentiel. La question posée aux Européens est donc autant économique que politique. Faut-il accepter un prix légèrement supérieur pour sécuriser une filière industrielle locale et nos emplois, ou privilégier un tarif le plus bas et céder aux sirènes de l'Asie au détriment de l'Europe ?

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Passionné depuis de nombreuses années par l'électromobilité, l'industrie automobile et le monde de la tech, il passe son temps à scruter et analyser les actualités et les grandes tendances en lien avec les véhicules électriques. Avec une appétence toute particulière pour les chiffres et les évolutions des usages de la mobilité.
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