Les batteries des voitures électriques progressent déjà sans changer de nature : leur recharge s’accélère et leur autonomie augmente. Faut-il encore investir dans une technologie autrement plus difficile à fabriquer ? Pour Manfred Harrer, responsable de la recherche et du développement du groupe Hyundai, la réponse est oui.
Interrogé par InsideEVs, le dirigeant juge que Hyundai doit rester dans la course aux batteries solides. Il imagine, dans les cinq prochaines années, l’arrivée de voitures produites en faible volume pour mettre cette technologie en valeur. Il ne présente toutefois ni modèle, ni date de commercialisation pour le groupe.

Face au coup de frein de l’électrique aux États-Unis, Hyundai tente un pari…
La différence avec les batteries lithium-ion courantes tient principalement à l’électrolyte, qui permet aux ions de circuler dans la cellule. Dans une batterie entièrement solide, un matériau solide remplace l’électrolyte liquide. Cette piste pourrait permettre de réduire l’encombrement de la batterie, d’accélérer la recharge ou d’augmenter l’autonomie. Ces bénéfices restent à démontrer dans des cellules fabriquées à l’échelle automobile.
Certaines marques avancent vite et promettent déjà la commercialisation de premières voitures électriques équipées de batteries solides. C'est le cas de BYD, qui a récemment fait une annonce dans ce sens sans pour autant donner trop de précisions.
Manfred Harrer se montre bien plus prudent sur une diffusion à grande échelle. Selon lui, le coût des matières premières restera élevé pendant des années. Il ne pense pas que ce problème sera résolu d’ici cinq ans. Une première voiture de démonstration et une batterie assez abordable pour un modèle courant sont donc deux étapes très différentes. Hyundai travaille sur cette technologie en interne et avec des partenaires, dont Solid Power.
Le groupe sud-coréen a achevé en 2024 une unité de recherche consacrée aux batteries de nouvelle génération, notamment aux batteries entièrement solides, afin d’étudier aussi leur fabrication. Son objectif est de maîtriser davantage cette technologie et sa chaîne d’approvisionnement si elle devient viable. Pour la France, aucun changement immédiat n’est donc à prévoir. La déclaration de Hyundai dessine plutôt un ordre de marche : prouver d’abord que la batterie solide fonctionne dans une voiture produite en petite série, puis trouver comment la fabriquer à un prix compatible avec le marché.











