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Cet état américain attaque les géants du pétrole en justice pour avoir freiné la voiture électrique

Source Gemini

Le bras de fer entre pouvoirs publics et industrie fossile prend une nouvelle dimension aux États-Unis. L’État du Michigan a annoncé le dépôt d’une plainte contre plusieurs majors pétrolières, accusées d’avoir volontairement entravé le développement des véhicules électriques et des énergies renouvelables.

Le Michigan montre les dents face au lobby de l'or noir en se lançant dans une action en justice BP, Chevron, ExxonMobil, Shell, ainsi que l’American Petroleum Institute (API), les principaux acteurs du secteur pétrolier américain.

Une accusation de cartel contre la transition énergétique

Selon la plainte déposée vendredi dernier, ces entreprises auraient agi de concert, à la manière d’un cartel, afin de ralentir la transition énergétique et de préserver leur domination sur le marché. Le document judiciaire accuse notamment les groupes pétroliers d’avoir cherché à réduire la production et la diffusion des énergies renouvelables, tout en freinant l’adoption des véhicules électriques. Les méthodes évoquées sont nombreuses et particulièrement sévères.

La plainte affirme ainsi que les entreprises auraient :

  • abandonné volontairement des projets liés aux énergies renouvelables,
  • utilisé des litiges sur les brevets pour bloquer des concurrents,
  • dissimulé des informations sur les coûts réels des énergies fossiles et la viabilité des alternatives,
  • infiltré et manipulé des institutions produisant de l’information,
  • surveillé et intimidé des lanceurs d’alerte et des responsables publics,
  • coordonné leurs actions via des associations professionnelles pour détourner les investissements loin des solutions bas carbone.

L’État du Michigan parle même de « l’une des conspirations anticoncurrentielles les plus réussies de l’histoire des États-Unis ».

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La procureure générale du Michigan, Dana Nessel, justifie cette action par les conséquences directes sur les habitants de l’État. Selon elle, le Michigan traverse actuellement une crise de l’accessibilité énergétique, marquée par une hausse rapide des coûts du chauffage et du transport. « Ces coûts incontrôlés ne sont pas dus à une inflation économique naturelle, mais à la cupidité de ces entreprises, qui ont privilégié leurs profits et leur domination du marché au détriment de la concurrence et des économies pour les consommateurs », affirme-t-elle.

Un discours qui résonne particulièrement dans un État historiquement lié à l’automobile, et aujourd’hui engagé — non sans tensions — dans la transition vers l’électrique.

Sans surprise, les entreprises mises en cause contestent fermement les accusations. Elles estiment que cette plainte est infondée et rappellent que des actions similaires ont déjà été rejetées par la justice dans d’autres États. « Des tribunaux fédéraux et étatiques ont rejeté des poursuites visant des dommages climatiques dans le Delaware, le Maryland, le New Jersey, New York, la Pennsylvanie, Porto Rico et la Caroline du Sud », a déclaré Theodore J. Boutrous Jr., avocat de Chevron.

Il ajoute que la plainte « ignore le fait que le Michigan dépend fortement du pétrole et du gaz pour soutenir ses constructeurs automobiles et ses emplois », un argument classique opposé aux politiques de sortie des énergies fossiles.

Cette action en justice illustre une nouvelle fois les tensions croissantes entre transition énergétique, intérêts industriels et politiques publiques. Alors que les États-Unis investissent massivement dans l’électrification des transports, les batailles juridiques autour des responsabilités passées et présentes des acteurs fossiles se multiplient.

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Reste à savoir si cette plainte ira plus loin que les précédentes — ou si elle rejoindra la longue liste des procédures climatiques stoppées avant d’atteindre le fond du dossier. Dans tous les cas, le signal politique est clair : pour certains États, les freins à l’électrique ne relèvent plus seulement de la technique ou du marché, mais aussi du tribunal.

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Meilleure façon pour lui de concilier sa passion dévorante pour l'automobile et un souci permanent pour l'environnement, Pierre est le rédacteur en chef d'Automobile Propre et voue un culte aux palettes de régénération.
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