Les voitures électriques chinoises gagnent du terrain sur le Vieux continent. MG, BYD, Leapmotor, Xpeng ou encore Jaecoo arrivent sur le marché européen avec des modèles bien équipés, souvent moins chers que leurs équivalents européens. Mais derrière les tarifs attractifs affichés en concession se pose désormais la question de la valeur de revente...
Selon de récentes données publiées par le spécialiste allemand DAT et relayées par Automotive News Europe, les voitures électriques et hybrides rechargeables chinoises perdraient de la valeur beaucoup plus rapidement que la moyenne du marché.
On découvre que l’économie réalisée à l’achat peut être (en partie) effacée quelques années plus tard, lorsque le propriétaire souhaite revendre son véhicule ou le faire reprendre par un professionnel. Voilà une information qui pourrait changer la donne ! Précisons au passage que ce phénomène ne concerne pas uniquement les particuliers. Les sociétés de leasing sont aussi exposées, car elles calculent leurs loyers en fonction de la valeur estimée du véhicule à la fin du contrat.
Cette décote accélérée s’explique d’abord par un déficit de confiance sur le marché de l’occasion. Beaucoup de marques chinoises sont encore jeunes en Europe, avec des réseaux de distribution et d’après-vente en construction. Un acheteur d’occasion émet logiquement des doutes sur la disponibilité des pièces, les conditions pour réaliser l’entretien ou même sur l'existence de la marque au bout de quelques années. Certaines, pas que chinoises (coucou Fisker), ont déjà disparu ! Ces interrogations pèsent évidemment sur les valeurs de reprise, même lorsque le produit neuf paraît compétitif.

Seuls au monde, voici ce que deviennent les propriétaires français du Fisker Ocean
Il faut toutefois éviter de faire des voitures chinoises un cas isolé. Les modèles électriques subissent dans leur ensemble une pression importante sur le marché de l’occasion. Les baisses de prix du neuf, les remises commerciales et l’arrivée rapide de nouveaux modèles rendent certains véhicules récents moins attractifs en seconde main. Les chiffres cités donnent une idée de l’ampleur du phénomène. Au Royaume-Uni, une voiture électrique de trois ans ne vaudrait plus que 38 % de son prix d’origine, contre 46 % en Allemagne, en France et en Espagne. À âge comparable, une voiture essence conserverait 45 % de sa valeur, et une hybride 51 % chez nos voisins britanniques...
Mais pour les Chinois, cette tendance est encore plus forte que pour le reste du marché. Selon DAT, les voitures électriques et hybrides rechargeables chinoises se déprécieraient environ deux fois plus vite que la moyenne du marché. En effet, cela est amplifié par « la vitesse à laquelle évolue leur technologie ». Aujourd'hui, les constructeurs de l'empire du Milieu ont la capacité de renouveler leurs gammes très rapidement et d'améliorer les batteries, les logiciels ou encore les aides à la conduite à un rythme soutenu. C'est un atout pour l'innovation, mais un inconvénient pour la valeur résiduelle.

Xiaomi YU7 : deux nouvelles versions pour le SUV électrique chinois, dont une à moins de… 30 000 € !
Pour les Européens, le sujet mérite d’être pris au sérieux. Une voiture électrique chinoise peut rester une bonne affaire, notamment pour ceux qui prévoient de la garder longtemps. Mais pour une revente rapide, la garantie est moins forte.











