Fidèle concurrente de la MG 4, la Volkswagen ID.3 doit désormais faire face à la MG 4 Urban. Malgré son positionnement, la Chinoise a son mot à dire !
Sur le marché des compactes électriques, la concurrence devient de plus en plus féroce et les références évoluent. Lancée en 2019, la Volkswagen ID.3 a connu une lente évolution pour désormais devenir Neo. En face, la MG 4 a aussi évolué au fil des années. Mais le constructeur chinois a aussi lancé une autre MG 4 avec l'Urban. Et les visions sont bien différentes. D’un côté, Volkswagen mise sur son savoir-faire, la technologie et la qualité perçue. De l’autre, MG cherche à séduire avec un positionnement tarifaire agressif et un équipement attractif. Mais laquelle de ces deux compactes électriques offre le meilleur compromis entre prix, autonomie, confort et prestations ?

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Avec 4,40 m de long, la Chinoise dépasse la Volkswagen de près de 14 cm, cette dernière mesurant 4,27 m. Pourtant, l'Allemande dispose d'un empattement légèrement supérieur, avec 2,77 m contre 2,75 m pour sa rivale. Une différence qui ne se traduit pas forcément par davantage d'espace à bord. Grâce à sa nouvelle plateforme E3, la MG4 Urban offre un espace arrière généreux, notamment au niveau des jambes. L'ID.3 Neo n'a pas à rougir à ce chapitre, avec une habitabilité toujours appréciable au regard de son encombrement extérieur.
C'est surtout dans le coffre que la MG4 Urban fait la différence. Elle revendique un volume de 480 l, contre 383 l pour l'ID.3 Neo. Soit un écart de 97 l, qui correspond au volume du bac sous plancher de l'Urban. Voilà l’un des avantages de sa plateforme traction. Banquette rabattue, MG annonce jusqu'à 1 364 l, contre 1 336 l pour Volkswagen. Dans les deux cas, la modularité reste classique. En matière d’habitabilité, la Chinoise est plus avantageuse en utilisant plus intelligemment sa nouvelle plateforme E3 traction, contre une base MEB propulsion pour l'Allemande.




Au poste de conduite, Volkswagen a visiblement retenu les leçons du passé. L'ID.3 Neo abandonne plusieurs choix ergonomiques discutables de ses devancières, avec le retour de véritables boutons physiques sur le volant et de commandes plus conventionnelles. Une évolution bienvenue pour une compacte qui avait largement été critiquée sur ce point. L'instrumentation numérique passe à 10,2 pouces, tandis que l'écran central de 12,9 pouces conserve une place prépondérante sur la planche de bord. La présentation gagne également en maturité avec des matériaux revus.
La MG4 Urban n'est pas en reste avec une instrumentation numérique de 7 pouces et une dalle centrale de 12,8 pouces. L'ensemble adopte une présentation assez classique, avec une console centrale dégagée et de nombreux rangements. La Chinoise dispose aussi d'une interface compatible avec Apple CarPlay et Android Auto sans fil. Le système ne souffre d’aucune critique, mais le dispositif de la Volkswagen est plus intuitif : des raccourcis peuvent être configurés et il n’est plus nécessaire de se perdre dans les menus.




Côté équipements, la MG4 Urban ne fait pas les choses à moitié. Dès la finition Comfort, elle dispose notamment d'une pompe à chaleur, de sièges avant chauffants, d'un volant chauffant et de la navigation intégrée. Le système MG Pilot Custom permet également de retrouver rapidement ses préférences concernant les aides à la conduite. Un bon point face aux nombreuses alertes qui peuvent parfois agacer à bord des voitures modernes. La Volkswagen propose de son côté des équipements plus sophistiqués selon les finitions, mais il faudra passer par le catalogue des options pour profiter de certaines fonctionnalités.
Difficile de départager les deux autos à ce chapitre. Si l'ID.3 Neo semble prendre l'avantage avec son ergonomie revue et sa présentation plus soignée, la MG4 Urban se défend avec une dotation de série particulièrement généreuse. Un argument d'autant plus important que les deux compactes ne jouent pas dans la même catégorie tarifaire.
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Sous leur carrosserie, les deux compactes reposent sur des architectures mécaniques bien différentes. La Volkswagen ID.3 Neo reste fidèle à la propulsion, avec une machine électrique installée sur le train arrière. De son côté, la MG4 Urban abandonne l'architecture propulsion de la MG4 classique pour une plateforme à traction avant. Un choix qui répond davantage à des impératifs de coûts et d'habitabilité qu'à la recherche du dynamisme.
La Volkswagen conserve également l'avantage de sa configuration propulsion, qui permet de dissocier les fonctions motrices et directrices. Une architecture favorable à la motricité et à l'agilité, sans garantir à elle seule un meilleur comportement routier. La MG4 Urban privilégie une conception plus simple, qui devrait répondre aux attentes des conducteurs à la recherche d'une compacte familiale confortable plutôt que d'une voiture dynamique. Non pas que le comportement soit trop sage ou spongieux, mais la Volkswagen a une meilleure assise sur la route, au détriment d’une suspension plus sèche. Aussi, en ville, l’architecture propulsion ne permet pas à la Volkswagen de vraiment tirer son épingle du jeu en manœuvre, avec un diamètre de braquage de 10,2 m contre 10,5 m pour l'Urban.




Les deux modèles proposent par ailleurs une fonction de conduite à une pédale, permettant de ralentir jusqu'à l'arrêt sans solliciter systématiquement la pédale de frein. La MG dispose de plusieurs niveaux de récupération d'énergie, alors que Volkswagen a également fait évoluer la gestion du freinage régénératif de son ID.3 Neo. Mais pour y accéder, aucune ne facilite la vie. La MG propose un bouton sur le volant (un raccourci à paramétrer), et l’ID.3 propose un mode B, qu’il convient de moduler sur deux niveaux depuis l’écran. Enfin, sur autoroute, la Volkswagen ID.3 Neo prouve son niveau de maturité avec des aides à peine mieux calibrées et un niveau d’insonorisation mieux travaillé.
Côté batteries, les deux compactes ne jouent pas vraiment dans la même cour. La MG4 Urban propose deux accumulateurs LFP de 42 et 53 kWh de capacité utile. La Volkswagen ID.3 Neo dispose d'une gamme plus étendue, avec trois batteries de 50, 58 et 79 kWh de capacité utile. De quoi lui permettre de couvrir des besoins bien plus variés, des déplacements quotidiens aux longs voyages autoroutiers.
En entrée de gamme, la MG4 Urban de 42 kWh annonce une autonomie WLTP de 325 km, contre 417 km pour l'ID.3 Neo de 50 kWh. Un écart de 92 km qui s'explique en grande partie par la différence de capacité des batteries. Mais la Volkswagen affiche aussi une meilleure efficience homologuée, avec une consommation mixte de 14,0 kWh/100 km, contre 15,3 kWh/100 km pour la MG.




La Volkswagen ID.3 Neo 50 kWh étant indisponible au moment de notre essai, notre choix s’est porté sur la nouvelle version LFP de 58 kWh. Cette version place un minimum de 13,9 kWh/100 km, pour 492 km d’autonomie. En finition haut de gamme, la compacte passe à 478 km (14,4 kWh/100 km). De quoi faire rougir la MG 4 Urban Luxury, et son autonomie de 405 km pour 15,5 kWh/100 km.
Mais dans la réalité, la MG 4 Urban crée la surprise. Sur notre boucle de mesure, la voiture a confirmé une fois encore son excellent niveau de sobriété avec une valeur de 13,4 kWh/100 km, contre 14,6 kWh/100 km pour l’ID.3 Neo. Malgré son déficit de capacité, la Chinoise resserre l’écart avec une autonomie totale (confirmée par la perte de charge) de 390 km contre 400 km pour l’ID.3.
Sur autoroute, les écarts se creusent. Non pas à cause de la performance aérodynamique (SCx de 0,63 pour la Volkswagen et de 0,64 pour la MG), mais certainement à cause du rendement de la mécanique. Ainsi, quand la Volkswagen ID.3 Neo sirote 19,5 kWh/100 km sur un parcours autoroutier, la MG 4 Urban monte à 21,0 kWh/100 km. Cela se traduit alors par des autonomies totales de 300 et 260 km respectivement. Un écart de 40 km à relativiser : c’est la distance moyenne entre deux aires de service sur autoroute.
| MG 4 Urban - 53 kWh | Volkswagen ID.3 Neo - 58 kWh | |
| Conso. et autonomie WLTP | 15,5 (405 km) | 14,4 (478 km) |
| Conso. et autonomie mixte | 13,4 (392 km) | 14,6 (397 km) |
| Conso. et autonomie autoroute | 20,4 (257 km) | 19,5 (297 km) |
Les deux compactes disposent d'un chargeur embarqué de 11 kW en courant alternatif. Une puissance désormais classique dans la catégorie, qui permet de récupérer une charge complète en quelques heures sur une borne adaptée. Mais en matière de recharge rapide, les différences sont plus marquées.
La MG4 Urban annonce une puissance maximale de 87 kW dans sa version 54 kWh, pour un 10-80 % en 28 minutes. De son côté, la Volkswagen ID.3 Neo monte bien plus haut que les 105 kW annoncés, avec un pic à 128 kW pour un 10-80 % en à peine plus de 22 minutes. Les puissances moyennes à la borne respectives permettent de mieux mettre en lumière les écarts : l’Urban présente une valeur de 87 kW, quand la Neo grimpe à 117 kW ! C’est remarquable pour une batterie de cette capacité, et nettement mieux que les valeurs indiquées par la fiche technique.
| MG 4 Urban - 53 kWh | Volkswagen ID.3 Neo - 58 kWh | |
| Recharge DC (10-80 %) | 28 min. | 22 min. |
| Recharge DC (10-100 %) | 55 min. | 38 min. |
| Puiss. moyenne (10-80 %) | 87 kW | 117 kW |
Dès lors, la Volkswagen ID.3 Neo donne une leçon à la MG 4 Urban : l’Allemande peut récupérer 245 km d’autonomie autoroutière en 30 minutes, contre 190 km pour la MG. Une performance qui se confirme sur notre traditionnel exercice des 500 km d’autoroute, où la Neo passe la ligne d’arrivée en 4 h 53, contre 5 h 12 pour l’Urban. Soit près de 20 minutes de différence. Reste à savoir si cela est une fatalité pour ce genre de voiture.
La Volkswagen ID.3 Neo revient avec des arguments convaincants. Plus mature que ses devancières, elle profite d'une ergonomie améliorée, d'une présentation intérieure revue et d'une gamme mécanique particulièrement étendue. Sa configuration propulsion et ses performances supérieures constituent également des atouts. Mais c'est surtout au chapitre électrique que l'Allemande fait la différence, avec notamment des performances de recharge rapide dignes des meilleures.




La MG4 Urban ne prétend pas rivaliser sur tous ces points. Plus simple techniquement, moins puissante et dotée de batteries plus modestes, elle se montre moins polyvalente. En tout cas sur le papier. Car dans la réalité, la Chinoise se montre plus sobre que sa concurrente au quotidien, et le déficit d’autonomie sur autoroute n’est en rien handicapant. Même chose si l’on considère le temps de voyage (les deux voitures ont besoin de deux pauses sur 500 km) : l’écart de 20 minutes est à relativiser pour des voitures appelées à traverser la France seulement quelques fois dans l’année.
Malgré sa maturité technique et la capacité supérieure de sa batterie, la Neo ne creuse pas véritablement l’écart face à la MG 4 Urban 54 kWh. Surtout, cette dernière peut toujours compenser ses lacunes avec un espace intérieur généreux, un coffre plus volumineux et une dotation de série très complète.
Enfin, elle sort son meilleur argument au moment de signer. Dans cette version haut de gamme d’essai, elle monte au prix public de 30 495 €. C’est inférieur à la moins chère des Volkswagen ID.3 (Trend 50 kWh) affichée à 34 990 €. La version 58 kWh démarre de son côté à 40 500 €, et monte à un maximum de 42 700 € en finition Style haut de gamme de cet essai, hors options. Et même si l’Allemande peut bénéficier de l’éventail d’aides à l’achat, cela ne lui permet pas de rattraper la MG 4 Urban, qui peut par ailleurs profiter de remises constructeur à défaut de prime Coup de Pouce. Victoire écrasante de la MG 4 Urban !












