Pour rendre ses voitures électriques plus compétitives, Stellantis compte s'attaquer à l'un de leurs composants les plus coûteux : la batterie. Lors de la présentation des résultats trimestriels du groupe, fin octobre, Antonio Filosa a confirmé une évolution importante de sa stratégie industrielle. Et le constructeur ne compte pas se limiter à ses modèles les plus abordables.
Dès 2027, de nombreuses voitures électriques du groupe passeront de la chimie NMC (nickel-manganèse-cobalt) au LFP (lithium-fer-phosphate). Antonio Filosa évoque des économies « substantielles », sans donner de montant précis. Selon l'Agence internationale de l'énergie, les cellules LFP coûtent environ 40 % de moins que leurs équivalentes NMC. Une différence qui pourrait représenter plusieurs milliers d'euros sur certains véhicules.
Cette technologie n'a pourtant rien de nouveau chez Stellantis. Les Citroën ë-C3, Fiat Grande Panda et Opel Frontera électriques l'utilisent déjà. Mais jusqu'à présent, le groupe réservait essentiellement ces batteries à ses modèles les moins chers. Les LFP sont moins coûteuses, mais présentent généralement une densité énergétique inférieure à celle des NMC.
Stellantis n'a pas encore dévoilé la liste des véhicules concernés. La prochaine génération de la Peugeot e-208 apparaît toutefois comme une candidate sérieuse. Attendue en 2027, elle inaugurera la nouvelle plateforme STLA One, destinée aux petites voitures, aux compactes et à certains modèles familiaux.
La Fiat 500e devrait également profiter de cette évolution. Et il serait temps ! Dès avril 2024, Stellantis avait annoncé un investissement de 100 millions d'euros pour moderniser sa plateforme et intégrer une batterie moins chère. Plus de deux ans après, cette version se fait toujours attendre. Fiat viserait désormais un prix d'entrée d'environ 20 000 euros en 2027.
Pour soutenir cette stratégie, Stellantis pourra compter sur sa co-entreprise avec le chinois CATL. Les deux partenaires investissent jusqu'à 4,1 milliards d'euros dans une usine de batteries LFP à Saragosse, en Espagne. À terme, sa capacité annuelle pourrait atteindre 50 GWh, soit l'équivalent d'environ un million de voitures électriques.
Stellantis cherche à retrouver de la rentabilité en Europe. Sur le Vieux continent, le groupe enregistre une perte de 311 millions d'euros au troisième trimestre 2026. Reste à voir si ces économies permettront réellement à Stellantis de proposer des voitures électriques plus abordables. Un enjeu de taille pour le groupe, qui doit faire face à des constructeurs chinois de plus en plus compétitifs sur le marché européen.











