Adopté dans le cadre du Pacte vert européen, le CISAF avait pour ambition de stimuler l’industrie bas carbone face à la concurrence américaine et chinoise. Mais à la surprise générale, la Commission européenne a décidé d'exclure les aides à la production, pourtant jugées essentielles par de nombreux acteurs du secteur. Contrairement à l’Inflation Reduction Act (IRA) des États-Unis, qui offre des subventions simples et massives pour chaque unité produite, l’Europe continue de privilégier des mécanismes trop complexes.

Innovations des batteries pour les voitures électriques : où en est-on en 2025 ?
Le règlement permet certes aux États membres de soutenir l’investissement ou de prendre des participations dans certaines entreprises, mais ces dispositifs restent conditionnés à des critères stricts et opaques. D'après l’ONG Transport & Environment, cette approche « au cas par cas » ne permet pas de répondre à l’urgence de la situation ni de garantir une véritable souveraineté industrielle. Pour son directeur William Todts, seule une aide directe à la production pourrait vraiment changer la donne.
Pendant que Bruxelles tergiverse, Washington et Pékin accélèrent. Les États-Unis ont déjà attiré plusieurs gigafactories grâce à l’IRA. En Chine, les subventions à la production sont massives depuis des années. Faute de soutien clair et massif, l’Europe prend le risque de voir ses projets de batteries délocalisés ou abandonnés. Il faut désormais attendre le prochain cycle de financement dans le cadre des Fonds pour l’innovation et pour la compétitivité. Mais ces instruments ne seront pleinement opérationnels qu’en 2028.

Recyclage des batteries pour les voitures électriques : une usine inaugurée dans le nord de la France
Mais combien restera-t-il d'acteurs dans le domaine des batteries sur le Vieux continent à cette date ? T&E estime que cette échéance est trop lointaine et constate que de premiers acteurs européens commencent déjà à jeter l’éponge. Le plus frustrant est de constater que les nouvelles règles autorisent les aides d'État pour des projets de production d'hydrogène à partir de gaz fossiles. Une décision « qui est en contradiction avec les ambitions climatiques de l'Union européenne », comme le rappelle T&E.











