Tesla ne s'attendait probablement pas à cela... Le propriétaire d'une Model S a décidé de poursuivre la firme d'Austin en justice dans le cadre de l'affaire des poignées de porte, mais pas pour les raisons qu'on aurait pu imaginer. Non, il ne reproche pas à Tesla une défaillance concrète sur son véhicule, mais l’absence de communication autour d’un risque potentiel. Selon lui, le constructeur aurait omis de signaler un défaut de conception susceptible d’affecter la sécurité, ce qui pèse sur la valeur de revente de sa voiture.
Au cœur du litige, les poignées de porte affleurantes, caractéristiques des modèles de Tesla. En cas de coupure du système électrique basse tension (notamment lors d’un accident ou d’un incendie) ces poignées peuvent ne pas se déployer, ce qui complique l’ouverture des portes depuis l’extérieur. Un scénario qui, sans concerner directement le plaignant, alimente son argumentation autour d’un risque sous-estimé. La procédure engagée repose ainsi sur la notion de « préjudice économique », selon CarScoops.

15 accidents mortels dans des Tesla, et à chaque fois le même défaut selon cette enquête
En effet, le plaignant estime que la simple existence de ce défaut présumé suffit à dégrader la perception du véhicule sur le marché de l’occasion. Il accuse le constructeur de dissimulation, d’enrichissement injustifié et de manquements aux lois de protection des consommateurs en vigueur en Californie. À ce stade, Tesla n’a pas encore réagi.
Si elle peut prêter à sourire, cette affaire s’inscrit dans un contexte tendu pour le constructeur américain. Une enquête menée par Bloomberg évoquait récemment plusieurs accidents mortels impliquant des véhicules de la marque, dans lesquels un même problème d’accès à l’habitacle aurait été constaté. Sans établir de responsabilité systématique, ces éléments contribuent à nourrir les inquiétudes autour de certains choix techniques. Et le système électrique d'ouverture des portes revient à chaque fois.
Au-delà du cas Tesla, la question des poignées électroniques fait débat dans l’ensemble de l’industrie automobile. Certains régulateurs commencent à s’en emparer, à l’image de la Chine, qui a décidé d’interdire ce type de dispositif sur les futurs véhicules électriques. Parallèlement, plusieurs constructeurs travaillent sur des systèmes de secours mécaniques (il en existe un à bord des Tesla, plus accessible à l'avant qu'à l'arrière), à l’image de Toyota, afin de garantir un accès en toutes circonstances.
Nous verrons à présent si la justice américaine est prête à considérer que ce risque théorique peut constituer un préjudice suffisant pour justifier une indemnisation. Cette décision sera scrutée de près car elle pourrait faire jurisprudence dans un secteur où l’image et la confiance jouent un rôle clé dans la valeur des véhicules électriques.












