Dans un marché automobile de plus en plus mondialisé, la question n’est plus seulement de savoir quelles voitures se vendent en France, mais aussi où elles sont fabriquées. Derrière ce sujet se jouent à la fois des questions autour de l'emploi, de l’empreinte carbone des véhicules ou même de l’efficacité des aides publiques.
Voilà un sujet stratégique, encore plus avec l’arrivée de constructeurs chinois très compétitifs. Dans son baromètre sur l'évolution des prix des véhicules neufs vendus en France, l’Institut des Mobilités en Transition aborde justement la question du « made in France ».
Premier constat, la production européenne reste très majoritaire dans les ventes françaises. En 2025, 77 % des véhicules particuliers neufs vendus en France (toutes motorisations confondues) étaient fabriqués au sein de l’Union européenne.
Dans le détail, l’Europe centrale représente 28 % des volumes, devant l’Espagne avec 16 %, la France avec 15 % et l’Allemagne avec 13 %. La Chine, souvent présentée comme une menace majeure pour l’industrie automobile européenne, ne représente pour l’instant que 5 % des ventes en France si on regarde le pays de fabrication et non la nationalité de la marque.
Cette situation tient en partie dans les choix politiques et réglementaires des dernières années. L’éco-score joue par exemple un rôle central. Cet indicateur qui prend en compte l’empreinte environnementale liée à la fabrication d’un véhicule, conditionne l’accès à plusieurs avantages publics. Il sert notamment à déterminer l’éligibilité à la prime Coup de pouce pour les véhicules électriques particuliers et au leasing social, mais aussi à certains traitements fiscaux favorables pour les véhicules électriques d’entreprise.

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Les chinois étant très avancés dans le véhicule électrique, cela limite en partie leur progression sur le marché français. L’objectif n’est pas d’interdire ces modèles, mais de réserver les aides publiques aux véhicules dont la fabrication est jugée plus compatible avec les objectifs climatiques et industriels français. Cela fait sens !

Pour en revenir au made in France, le baromètre montre toutefois qu'il reste fragile sur l’ensemble du marché. La part des véhicules fabriqués en France dans les ventes a même reculé de 3 points depuis 2022. Le pays résiste sur le segment B, mais cède du terrain sur les segments supérieurs, notamment au profit de l’Allemagne et de la Corée.

Le bon point est que la dynamique est nettement plus favorable sur le marché de l'électrique. En 2025, 27 % des voitures électriques vendues en France étaient fabriquées dans l’Hexagone. C’est beaucoup plus que pour les modèles thermiques, dont seulement 11 % étaient produits sur notre sol. Cette différence illustre un basculement... L’électrification donne à la production française une nouvelle occasion d’exister sur son propre marché.

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Il faut toutefois éviter de parler trop vite de relocalisation massive. Le baromètre invite plutôt à voir dans cette évolution un premier signal de résilience industrielle. Après plusieurs décennies de recul de la production automobile française, l’électrique réduit une partie de l’écart de compétitivité avec d’autres pays producteurs. Les politiques publiques commencent à produire des effets visibles. Mais la dynamique doit encore être amplifiée.












