En avril 2026, 36 216 voitures électriques ont été immatriculées en France (+41,8 % par rapport à l'année précédente), soit une part de marché de 26,2 %. Une belle progression qui s'explique en partie par le contexte géopolitique et l'augmentation du prix des carburants à la pompe... Malgré cette dynamique encourageante, une étude publiée il y a quelques jours sème le doute sur la perception de l'électrique en France.

Les batteries des voitures électriques ne se dégradent presque pas avant un certain kilométrage, lequel ?
Ensemble, l’Institut Mobilités en Transition et l’Iddri ont réalisé des entretiens dans le courant du mois de janvier 2026 dans quatre grandes villes du pays : Bordeaux, Saint-Etienne, Dijon et Paris. Des groupes d'automobilistes qui utilisent encore un véhicule thermique ont été interrogés. Derrière ces discussions, l'objectif était de comprendre ce qui se joue dans les hésitations à passer à l'électrique. Et ce qui en ressort est assez intéressant. On comprend que la voiture électrique n’est pas rejetée par principe, mais qu'elle reste tout de même entourée d’un faisceau d’incertitudes très concrètes.

Premier frein évoqué, le coût. Même si le prix de certains modèles commence à baisser, l’électrique est encore perçu comme une technologie chère, souvent réservée à des ménages « déjà à l’aise financièrement ». Les différentes vagues de leasing social ont montré qu’une demande existait lorsque l’offre devenait accessible, mais son caractère temporaire entretient aussi l’idée d’une transition encore fragile. Pour beaucoup, la question n’est pas seulement de savoir si la voiture électrique est moins chère à l’usage, mais si elle est réellement compatible avec leur budget au moment de l’achat...
La recharge reste l’autre sujet sensible. Les conducteurs qui disposent d’une maison individuelle et d’une place de stationnement peuvent plus facilement imaginer un passage à l’électrique. La situation est plus complexe pour ceux qui habitent dans des immeubles, pour les locataires, pour les ménages qui vivent en zone rurale ou ceux qui parcourent régulièrement de longues distances. Dans ces cas-là, la voiture électrique nécessite une nouvelle organisation du quotidien. Où recharger ? À quel prix ? Combien de temps faut-il prévoir ? Ces questions sont encore déterminantes.
L’étude met aussi en évidence une méfiance autour de la batterie. Sa durée de vie, son remplacement éventuel, son recyclage et sa valeur à la revente alimentent de nombreuses interrogations... Les automobilistes savent que la batterie est l’élément central du véhicule électrique, mais « ils peinent à obtenir des réponses simples et fiables ». Cette incertitude pèse notamment sur le marché de l’occasion. Plus largement, les participants interrogés expriment un sentiment de flou. Beaucoup ont le sentiment que cette transition leur est demandée « sans que toutes les conditions soient réunies ».
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