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Témoignage – Leur moteur PureTech les a poussés vers l'électrique : quatre ans plus tard, ce couple n'a aucun regret

Le Volvo XC40 électrique de Joffrey et Nathalie

Ayant fait le choix de se rapprocher de la famille, Joffrey et Nathalie, tous les deux 36 ans, n’ont jamais de grands trajets à réaliser en voiture. Ils accumulent pourtant les milliers de kilomètres chaque année. Avec en plus la possibilité de recharger à la maison ou au travail pour Monsieur, leur foyer est pleinement compatible avec l’électromobilité. D’ailleurs on y trouve une Volvo XC40 Recharge P6 et une Renault Megane E-Tech.

Tout a commencé en 2018 avec une opportunité professionnelle : « Ma compagne ayant accepté un poste d’assistante dans une maison d’édition implantée à Quimper, nous sommes revenus dans notre département d’origine, le Finistère. Dans une idyllique commune du littoral, nous avons trouvé une location à 25 km de son lieu de travail. A l’époque, depuis notre domicile, j’étais gérant d’une modeste boutique en ligne. Nous pouvions donc nous contenter d’un unique véhicule pour le foyer : une Citroën C3 à transmission manuelle dotée d’un moteur PureTech de 82 ch ».

Joffrey trouvait « jolie » cette petite voiture dont ils étaient « satisfaits » : « Si ce n’est, pourtant, un réel manque de pêche dans les montées ». Il y avait surtout un vrai problème : « À chaque passage au garage était relevé un niveau d’huile anormalement bas. En 2021, après plusieurs appoints, il nous a été conseillé de remplacer le moteur. Ça a été un choc pour nous ! Nous avions acheté neuve seulement quatre ans plus tôt cette C3 toujours convenablement entretenue. Le constructeur s’est proposé de prendre une partie des frais à sa charge ».

Secoué et déçu, le couple n’a pas donné suite à la proposition de Citroën : « Nous avons fini par nous séparer du véhicule. Passionné de high-tech, j’ai vu la voiture électrique gagner en visibilité. Elle a été de plus en plus mise en avant par des influenceurs et des sites Internet qui, jusque-là, se cantonnaient à l’informatique ou à la domotique. C’est de ce côté geek que me vient la vision d’un ‘ordinateur sur roues’ pour la voiture moderne. Je me suis vraiment concentré sur des véhicules réputés pour leur logiciel d’infodivertissement et basés sur un système d’exploitation solide ».

En tête, Joffrey avait alors « Tesla, qui était déjà une référence, et Google Automotive ». Ce qui lui a fait éliminer bien des constructeurs : « Dont Kia avec son EV6 qui m’avait pourtant tapé dans l’œil. Happés par la mode en cours, un autre critère s’est imposé : ma compagne voulait absolument un SUV. Je me suis donc naturellement renseigné sur le best-seller en devenir qu’était le Tesla Model Y. Or, fin 2021, seules les versions AWD étaient disponibles à la commande en France, avec un tarif frôlant les 60 000 euros, plaçant ce véhicule au-dessus de notre budget ».

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Revenant à l’esprit Google Automotive, notre lecteur avait bien repéré la marque Polestar : « Mais celle-ci était indisponible en France à cause d’un conflit avec Citroën/DS ». Puis il a découvert le SUV électrique qui semblait cocher toutes les cases : « Le Volvo XC40 Recharge. Déjà disponible en version P8 (AWD de plus de 400 chevaux), ce modèle était justement au cœur de l’actualité dans sa déclinaison P6, une version plus raisonnable avec son architecture à traction de 231 chevaux. Nous n’avons pas réfléchi longtemps avant de nous rendre en concession ».

Le Volvo XC40 électrique de Joffrey et Nathalie

Le Volvo XC40 électrique de Joffrey et Nathalie

À ce moment-là, seule la version P8 était disponible à l’essai : « Évidemment, madame a été conquise dès les premières minutes de conduite. Mais, pour être honnête, en venant d’une citadine généraliste à boîte manuelle, monter dans un peu n’importe quel SUV premium automatique aurait suffi à déclencher l’effet waouh. En outre, un court essai ne permettait pas de prendre conscience de tous les avantages de l’électrique. La fonctionnalité One-Pedal a immédiatement convaincu la conductrice par son confort et sa facilité de prise en main ».

Joffrey ne comptait pas signer sans négocier : « Je voulais obtenir les options désirées sans dépasser le plafond de 45 000 euros afin de bénéficier du bonus écologique à son niveau maximal ». Sûrement emballée à l’idée de concrétiser une première vente de ce modèle, la concession s’est montrée très arrangeante : « Nous avons obtenu la peinture blanc cristal ainsi qu’une sellerie optionnelle sans surcoût. Au lancement, la finition d’entrée de gamme Start était déjà bien équipée, avec, entre autres, le hayon électrique et le déverrouillage sans sortir les clés ».

En finition Start et avec les options négociées, la Volvo XC40 Recharge P6 a coûté 39 000 euros en déduisant le bonus de 6 000 : « Cerise sur le gâteau, une banque en ligne nous a accordé un emprunt de 26 000 euros sur 48 mois pour un taux dérisoire de 0,68 % au titre d’un projet écologique ». Passés les longs mois à trépigner d’impatience, ils ont reçu leur « nouveau joujou » fin février 2022 : « Ce SUV électrique est équipé d’une batterie de 69 kWh, d’un chargeur triphasé de 11 kW, et accepte sur le papier des pics de 150 kW en recharge rapide ».

Très vite, le couple a pu dresser une liste de points de contentement : « Conduite One-pedal plaisante, couple instantané appréciable, silence pour circuler dans le voisinage, zéro émission dans notre environnement, coût de l’énergie abordable, planificateur intégré efficace ». Pour eux, l’adoption de cette voiture électrique a été « facile et instantanée ». Hormis, comme pour tout nouvel électromobiliste, « la question de l’autonomie et de la recharge, avec plusieurs notions à intégrer : capacité et chimie de la batterie, puissance et courbe de recharge, courants alternatif et continu, etc. ».

Les importantes capacités de recharge du Volvo XC40 électrique n’ont pas été exploitées dans un premier temps : « Notre location à la campagne, avec place de parking, n’étant pas spécialement équipée, nous nous sommes contentés pendant un peu plus de deux ans d’une prise standard pour la recharge du quotidien ». Sur le papier, il faut ainsi une trentaine d’heures pour passer de 0 à 100 % : « Un temps de recharge contraignant qui demande de l’anticipation, mais qui n’a pas été insurmontable pour notre usage principalement local du véhicule ».

Ce n’était toutefois qu’une situation temporaire : « Afin de nous affranchir de cette contrainte, il était évident pour nous de prévoir une borne dans notre projet de construction d’une maison neuve. En raison de son design et de son prix accessible de 500 euros, j’ai opté pour une borne Tesla. Aujourd’hui installée, elle est configurée pour délivrer du 7,4 kW, ce qui permet maintenant d’obtenir une recharge complète en une grosse nuit de sommeil. Sa configuration en monophasé n’est pas étrangère au choix de notre second véhicule ».

La Renault Megane E-Tech de Joffrey et Nathalie

La Renault Megane E-Tech de Joffrey et Nathalie

Début 2024, changement d’activités professionnelles pour Joffrey qui est passé du statut d’indépendant à celui de salarié chez Amazon : « L’entreprise avait récemment implanté un site à 40 km de notre domicile ». Plus que convaincus par deux ans de roulage en électrique, il ne pouvait y avoir pour eux la moindre hésitation : « La deuxième voiture du foyer serait elle aussi électrique ». Toujours fidèle à Google Automotive, l’électromobiliste breton était cependant ouvert à d’autres formats que le SUV : « Je suis ainsi tombé sous le charme de la Renault Megane E-Tech ».

Dans sa région, notre lecteur a trouvé un modèle neuf en stock avec des performances équivalentes à celles du XC40 : « Les deux sont des tractions. La Megane offre une puissance de 220 chevaux contre 231, mais avec un châssis plus léger. En outre, la batterie de 60 kWh se traduit par une autonomie légèrement supérieure, avec 450 km annoncés en cycle mixte WLTP, contre 420 pour le Volvo. Mieux équipée, notre Megane en finition Techno est dotée du régulateur adaptatif de vitesse, du détecteur d’angle mort, de la caméra à 360 degrés et de la pompe à chaleur ».

Concernant la recharge, la Renault est moins bien équipée que le Volvo : « Nous avons pris une version Super Charge. Ce qui se traduit par une courbe de recharge limitée à 130 kW en courant continu et un chargeur embarqué monophasé de 7,4 kW. Ce dernier est parfaitement adapté à notre domicile et à son abonnement monophasé, car cela limite les pertes d’énergie ». Cette moindre dotation n’était donc pas bloquante pour eux : « Nous avons signé pour un prix d’un peu moins de 37 000 euros, bonus de 4 000 en 2024 déduit, et en comptant les divers frais de mise à la route ».

La Renault Megane E-Tech de Joffrey et Nathalie

La Renault Megane E-Tech de Joffrey et Nathalie

Joffrey rapporte que les recharges à l’extérieur sont les seuls moments qui ont pu être stressants dans l’usage des deux électriques : « Par exemple, une borne rapide qui ne se lance pas ou ne délivre pas la puissance annoncée. Nous avons aussi déjà rencontré des difficultés pour débrancher le câble. Et, récemment, notre station favorite chez Lidl à Landivisiau a été vandalisée, avec vol des câbles. C’est là que nous avons l’habitude de faire des recharges d’appoint en cas de besoin. Hormis cela, aucun problème à signaler pour la recharge à domicile ni sur la route ».

L’installation par son employeur de bornes sur le parking a mis au jour un souci de recharge pour notre lecteur : « A priori, elles sont en triphasé 11 kW. Pourtant, pour une raison qui m’échappe, ça plafonne à 2 kW avec la Megane. D’après mes recherches, ma voiture ne prendrait l’énergie que d’une seule phase. Mais ça devrait tout de même grimper jusqu’à 3,7 kW. C’est pour moi une grande source de frustration de ne récupérer que 30 % de la batterie (18 kWh) par jour alors que j’en consomme 20 % pour mon aller-retour journalier de 80 km ».

Une situation qui n’est pas sans effet : « À cause de ce problème, ma Megane E-Tech est branchée la plupart du temps sur le parking, ce qui en donne une mauvaise image à mes collègues. Ils en concluent que l’autonomie est ridicule pour cette voiture électrique. Or, avec un niveau de 90 %, je pourrais enchaîner quatre journées de travail sans brancher, rentrant avec 10 % le dernier jour. À la maison, en une nuit, le pack serait ensuite régénéré. Si je ne le fais pas, c’est parce que recharger sur le parking de l’entreprise est plus avantageux financièrement ».

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Le couple est satisfait de l’électrique : « Nous avons bien sûr rencontré les tracas classiques de la route : crevaison, impact sur le pare-brise et même accrochage, mais jamais aucun incident directement lié à la nature électrique du véhicule. Le comportement des batteries et des moteurs est parfaitement conforme à nos attentes, et nous sommes vraiment sereins au volant de nos véhicules. Notre expérience de l’électromobilité se résume à une grande tranquillité d’esprit dans tous les domaines : la conduite en elle-même, ainsi que les coûts d’usage et d’entretien ».

Pour le couple, il n’y a pas de retour en arrière possible : « Notre foyer n’abritera plus de véhicule thermique en son sein. Si nous restons dans une totale tolérance, partager l’espace avec des véhicules thermiques, parfois anciens, nous est devenu sincèrement désagréable lors de nos promenades : moteurs qui montent dans les tours, bruits d’embrayage, mais surtout la forte odeur en sortie d’échappement qui ne manque pas de faire instantanément éternuer notre chien. Pour nous qui restons principalement dans le département, nos XC40 et Megane sont suffisants ».

A noter la différence de fréquence d’entretien : « C’est tous les douze mois chez Renault, contre un passage tous les deux ans avec Volvo. Le XC40 aura bientôt 70.000 km : le SAV n’a jamais communiqué l’état de santé SoH de la batterie. Sur les 7 845 derniers kilomètres parcourus, la conso moyenne a été de 17,3 kWh/100 km, contre 15,6 depuis la mi-juillet 2026 pour la Megane. Reçue neuve en mai 2024, la compacte électrique de Renault a parcouru 46 000 km. Pour la batterie, nous avions en avril dernier un SoH à 97 % pris à 36 583 km : rien d’alarmant ».

La Renault Megane E-Tech et le Volvo XC40 électrique de Joffrey et Nathalie

La Renault Megane E-Tech et le Volvo XC40 électrique de Joffrey et Nathalie

Du fait d’un abonnement électrique Tempo chez EDF, « nous sommes concentrés sur notre gestion de l’énergie en fonction de la couleur du jour et des heures creuses, mais sommes totalement déconnectés des prix du carburant et de leurs fluctuations. Rien actuellement ne nous pousse au changement et il ne nous reste qu’à profiter, jour après jour, de ces véhicules dont nous sommes ravis ! Mais avec un ticket gagnant à la loterie, Madame serait très heureuse en restant chez Volvo de passer à l’EX60, et moi de découvrir la Neue Klasse de BMW avec un iX3 à l’affichage panoramique ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Joffrey pour sa grande réactivité, le temps mobilisé et son témoignage proposé après notre appel à retours d’expériences auprès de nos lecteurs.

Afin de ne pas décourager nos lecteurs de témoigner dans le futur, tout commentaire désobligeant à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimé. Merci de votre compréhension.

Philippe Schwoerer
PS
Avis de l'auteur

Philippe Schwoerer

Avec des trajets qui ne dépassent que très rarement la centaine de kilomètres, et des recharges principalement au domicile au moment de faire leurs choix, une très large palette de voitures électriques pouvait convenir à Nathalie et Joffrey. D’où une possibilité pas si courante de retenir des modèles en se basant sur d’autres critères que l’autonomie et la vitesse de recharge. Là, en l’occurrence, le système de gestion de l’infodivertissement a été déterminant.

Lors de mon propre essai du Volvo XC40 P8 il y a quelques années, je m’étais amusé à poser différentes questions au système pour faire sourire mes passagers, trouvant assez comique qu’il soit intarissable sur Ségolène Royal mais ne connaisse rien, à ce moment-là, de la marque Polestar.

Concernant la puissance de recharge bloquée à 2 kW sur une borne AC en 11 kW, d’autres lecteurs en Renault Megane E-Tech Super Charge connaissent-ils la même déception ? Avec quelles astuces pour la dépasser ?

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Volvo XC40 électrique
Auteur et journaliste, Philippe est un passionné de voitures électriques depuis de très nombreuses années.
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