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À plus de 3000 m d’altitude, cette borne ultra-rapide 500 kW va recharger les dameuses électriques

La borne Kempower du Montet à Val d'Isère / Image : LinkedIn - Julien Colle.

C’est probablement la borne de recharge rapide la plus haute d’Europe. Perchée sur le domaine skiable de Val d’Isère, à 3040 m d’altitude, une borne Kempower de 500 kW s’apprête à faire le plein de la première dameuse 100 % électrique de la station. Une installation inédite qui préfigure l’indispensable électrification des engins de piste.

Ne la cherchez pas sur Chargemap, elle est privée, et il n’y a même pas de route qui la dessert. La très probable borne de recharge rapide la plus haute d’Europe se trouve à Val d’Isère, au pied du glacier du Pisaillas. Fixée contre l’abri du téléski du Montet à 3040 m d’altitude, elle est réservée à la toute première dameuse électrique qui va rejoindre la station cet hiver.

Et pas n’importe laquelle : la Prinoth Leitwolf E-Motion, une dameuse lourde équipée d’une batterie 800 V de 485 kWh alimentant trois moteurs électriques d’une puissance cumulée de 605 kW (823 ch). Val d’Isère fait partie des trois premiers domaines skiables français à accueillir l’engin de dernière génération, fabriqué à Montmélian en Savoie.

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La dameuse fera le plein sur une borne Kempower de 500 kW d’après un ingénieur de la marque, qui dévoile l’installation dans un post LinkedIn. Le point de charge est équipé d’un connecteur Combo CCS, le même que l’on retrouve sur les bornes rapides destinées aux voitures électriques.

Selon la fiche technique de l’E-Motion, il suffit d’une heure pour passer de 10 à 80 %, ce qui correspond à une puissance de recharge moyenne assez folle d’environ 350 kW. Complètement chargée, la dameuse disposerait d’une autonomie de 4 à 5 heures « dans des conditions normales d’utilisation », soit la moitié d’une nuit de travail. Ce n’est a priori pas un problème puisque la machine sera branchée durant la pause de son conducteur, à l'issue de laquelle elle repartira avec le plein ou presque.

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La borne de recharge et la dameuse vont permettre d’économiser approximativement 20 litres de diesel à chaque heure de travail par rapport à un engin thermique, soit 160 litres par nuit. Sur le plan financier, le gain n’est pas assuré car les dameuses électriques sont considérablement plus chères : probablement autour de 1,5 million d’euros pour la Leitwolf e-Motion, contre 500 000 euros pour un équivalent diesel.

Par ailleurs, les quelque 970 kWh d’électricité consommés par nuit coûtent autour de 174 € (à un tarif de 0,18 €/kWh), contre 320 € pour le HVO100, le biogazole actuellement utilisé par les engins (environ 2 €/l). La facture énergétique est quasiment divisée par deux, mais ne suffit certainement pas à compenser l’écart de prix à l’achat, pour le moment.

L’intérêt est surtout environnemental. En première ligne face au réchauffement climatique, les stations de ski ont un impact carbone affecté à 95 % par les opérations de damage. Elles ne peuvent donc le réduire qu’en électrifiant largement leur flotte. Il faudra sûrement payer plus cher son forfait pour skier moins carboné.

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Hugo est un journaliste spécialisé dans l'environnement, l'aménagement urbain, les transports propres et énergies renouvelables. Il sonde l'évolution des pays dans ces domaines et rêve de pouvoir un jour voyager en avion électrique.
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