Dans le sillage des annonces du Premier ministre sur l’électrification du parc automobile, le ministère des Transports dévoile un plan structurant pour les infrastructures de recharge. Objectif : atteindre 30 000 points de recharge sur les grands axes d’ici 2035, afin de sécuriser les déplacements de moyenne et longue distance. Un enjeu crucial, car si le réseau autoroutier et national ne représente que 2 % des routes en France, il concentre un tiers du trafic, notamment pour les longs trajets.
Aujourd’hui, le réseau routier national compte environ 4 500 points de recharge sur plus de 420 aires. À cela s’ajoutent près de 7 500 points rapides à proximité des grands axes. D’ici 2035, le plan prévoit un changement d’échelle :
- 22 000 points de recharge rapide pour les voitures
- Puissance typique : 150 kW
- Temps de recharge : 20 à 25 minutes
- Répartis sur environ 900 aires
- 8 000 points de recharge pour poids lourds
- Puissance : de 100 à plus de 800 kW
- Recharge en 20 à 45 minutes selon les cas
- Déployés sur près de 560 aires
Au total, le nombre de bornes sera multiplié par cinq en une décennie, avec un rythme de déploiement quasiment doublé.
L’un des points majeurs de cette stratégie concerne les poids lourds. Le plan prévoit le déploiement du premier réseau de recharge à grande échelle dédié au transport de marchandises. Un virage important, alors que le transport routier représente 90 % du fret en France. Pour accompagner cette évolution, la puissance électrique disponible sur les aires sera fortement renforcée : 2,8 GW pour les véhicules légers et 1,6 GW pour les poids lourds. De quoi anticiper des besoins énergétiques en forte hausse.

Faire de longues distances avec une électrique, bien sûr que c’est possible : il suffit de respecter ces 3 règles
Au-delà du nombre de bornes, le gouvernement met l’accent sur l’expérience utilisateur, avec plusieurs engagements comme l'interopérabilité généralisée (compatibilité des réseaux et abonnements), l'affichage clair des prix au kWh et le paiement par carte bancaire garanti. L’objectif est de rendre la recharge aussi simple et lisible qu’un plein de carburant sans les mauvaises surprises.
Le besoin d’infrastructures explose. Depuis 2022, les consommations électriques liées à la recharge sur le réseau routier national doublent chaque année. Et la tendance devrait s’accélérer, avec un objectif gouvernemental de 2 voitures neuves sur 3 électriques d’ici 2030. Si le réseau actuel a tenu lors des pics de circulation — notamment durant l'été 2025 —, il devra rapidement évoluer pour absorber la croissance du parc.
Avec ce plan, l’État veut faire de la recharge un non-sujet sur autoroute. Plus de bornes, plus de puissance, plus de fiabilité : la promesse est ambitieuse. Elle vise à lever l’un des derniers freins psychologiques à l’adoption de la voiture électrique. Reste désormais à transformer cette feuille de route en réalité sur le terrain.











