ex Automobile Propre

Renault participe au développement de cette étonnante motorisation hybride de plus de 1 100 ch

Horse Powertrain, la coentreprise de Renault et Geely spécialisée dans les motorisations, vient de dévoiler une nouvelle chaîne de traction hybride rechargeable. Baptisée 3DHT200, elle équipera en premier lieu un imposant SUV chinois de plus de 1 100 ch.

Quand Renault s’est associé à Geely pour créer Horse Powertrain, l’objectif était notamment de mutualiser le développement et la production des motorisations thermiques et hybrides. Une stratégie qui donne aujourd’hui naissance à des mécaniques pour le moins étonnantes, comme le 3DHT200, son nouveau système destiné aux véhicules hybrides rechargeables. Derrière ce nom poétique se cache une chaîne de traction particulièrement sophistiquée, qui regroupe pas moins de 13 éléments au sein d’un même ensemble.

Et pour sa première apparition, cette technologie issue de la coentreprise entre Renault et Geely ne fera pas vraiment dans la discrétion. Elle équipera le futur Geely Galaxy Cruiser 700, un imposant SUV au look de baroudeur dont la puissance totale doit atteindre la bagatelle de 830 kW, soit 1 113 ch.

Le 3DHT200 constitue le troisième membre de la famille de transmissions hybrides 3DHT développée par Horse Powertrain. Mais il s’agit du premier spécifiquement pensé pour les véhicules ayant des prétentions en tout-terrain. Son fonctionnement repose notamment sur deux machines électriques. La première, baptisée P1, développe 110 kW (148 ch) et sert principalement à démarrer le moteur thermique et à produire de l’électricité. La seconde, appelée P3, est nettement plus puissante avec 230 kW (308 ch). C’est elle qui assure principalement l'entraînement des roues. Son régime peut dépasser les 20 000 tr/min. Le moteur thermique est pour sa part associé à une boîte de vitesses à trois rapports, tandis que le moteur électrique P3 entraîne les roues au travers d'un rapport de réduction unique.

À lire aussi

Cette citadine électrique chinoise à petit prix brille au crash-test Euro NCAP

Comme de nombreux systèmes hybrides rechargeables, celui de Horse est capable de fonctionner de plusieurs manières. La voiture peut uniquement avancer à l'électricité, adopter un fonctionnement hybride en série ou faire travailler conjointement les différentes motorisations en mode parallèle. À faible vitesse, notamment en ville, Horse privilégie un fonctionnement en série : le moteur thermique sert alors surtout à produire l'électricité nécessaire à la propulsion. À vitesse plus élevée, le système peut passer en mode parallèle et utiliser directement le moteur thermique pour entraîner les roues.

L'appellation « 13-in-1 » employée par Horse fait référence à l'intégration de treize composants dans le même ensemble. On y retrouve les deux moteurs électriques et leurs contrôleurs, mais également le chargeur embarqué, le convertisseur DC-DC, différentes unités électroniques ainsi que la transmission hybride à trois rapports. Cette intégration permettrait, selon Horse Powertrain, de réduire le volume de l'ensemble de 10 %.

Les ingénieurs ont par ailleurs retravaillé les moteurs électriques. Une nouvelle disposition des aimants permanents augmenterait la densité de couple de 15 % et la densité de puissance de 20 %. L'objectif est assez simple : tirer davantage de performances d'une machine électrique sans augmenter significativement son encombrement. Horse annonce ainsi que sa nouvelle chaîne de traction doit permettre à certains véhicules d'abattre le 0 à 100 km/h en environ trois secondes.

Mais les performances ne constituent qu'une partie de l'équation. Le groupe affirme que son système permettra de plus à de gros SUV comme le Galaxy Cruiser 700 d'afficher une consommation pouvant descendre autour de 5 l/100 km. Il faudra évidemment attendre les caractéristiques définitives du véhicule, et surtout des mesures en conditions réelles, pour juger cette promesse.

Horse a essentiellement développé cette déclinaison pour répondre aux contraintes des véhicules tout-terrain, où une forte capacité de traction à basse vitesse est nécessaire. Le constructeur indique ainsi un couple maximal de 4 920 Nm aux roues. Attention toutefois à ne pas comparer directement cette valeur au couple moteur traditionnellement indiqué sur les fiches techniques : il s'agit ici du couple disponible aux roues après démultiplication. Selon Horse, cette réserve permettrait à un véhicule équipé du système de gravir des pentes allant jusqu'à 45 degrés. Sur le Geely Galaxy Cruiser 700, le 3DHT200 sera complété par un moteur électrique installé sur l'essieu arrière. L'ensemble formera ainsi une transmission intégrale électrique, baptisée e-4WD.

À lire aussi

Voitures électriques : Geely prépare une avancée majeure pour recharger en quelques minutes

Il va sans dire que, malgré l'implication de la marque au Losange dans le développement de sa motorisation et l'arrivée de Geely sur le marché français, il ne faut pas s'attendre à voir le colosse qu'est le Galaxy Cruiser 700 sur les routes hexagonales.

Comment évaluez-vous votre expérience sur la page ?

Ça vous a plu ?Commentez cet article
Commentaires ()
Meilleure façon pour lui de concilier sa passion dévorante pour l'automobile et un souci permanent pour l'environnement, Pierre est le rédacteur en chef d'Automobile Propre et voue un culte aux palettes de régénération.
Guides et conseils

La newsletter Bevolt – bi-hebdomadaire – gratuite

L'essentiel de l'électrification, deux fois par semaine dans votre boîte mail

Les actualités à ne pas manquer, les nouveautés, les essais et les sujets qui font bouger l'électrification. Le meilleur de Bevolt, directement dans votre boîte mail.

  • Les actualités incontournables de la semaine
  • Les nouveautés auto, deux-roues & énergie
  • Les analyses, essais et conseils de la rédaction

Désinscription en 1 clic