Après plusieurs mois de préparation, c'est désormais une réalité. Le Leapmotor B10 sort officiellement des chaînes de production de l'usine Stellantis de Saragosse, en Espagne. Une étape symbolique pour les deux partenaires, mais surtout une nouvelle illustration de la place grandissante des constructeurs chinois dans l'industrie automobile européenne.
C'est dans l'usine de Figueruelas, près de Saragosse, que Stellantis a choisi d'accueillir la production de son partenaire chinois. Le site assemble déjà plusieurs modèles bien connus des automobilistes européens : les Peugeot 208, Opel Corsa et Lancia Ypsilon. Pour Stellantis, l'intérêt est assez évident. Le groupe dispose de capacités industrielles et d'un savoir-faire que Leapmotor peut exploiter pour accélérer son implantation européenne.
De son côté, le constructeur chinois apporte ses technologies et son expérience dans le développement de voitures électriques à prix compétitifs. Le B10 est d'ailleurs un modèle stratégique. Long de 4,52 m, ce SUV électrique développe 218 ch et propose deux batteries qui permettent de parcourir entre 361 et 434 km selon le cycle WLTP. En France, son tarif débute à moins de 30 000 euros. Des arguments qui devraient faire mouche !
Mais cette collaboration ne va pas s'arrêter au B10. En mai dernier, Stellantis et Leapmotor avaient déjà évoqué leur intention de renforcer leurs liens industriels. Parmi les projets envisagés figure notamment la production d'un nouveau SUV électrique Opel à Saragosse, potentiellement dès 2028. Celui-ci pourrait utiliser des composants issus de l'écosystème Leapmotor afin de réduire ses coûts de fabrication. Un autre modèle de la marque chinoise pourrait également rejoindre l'usine Stellantis de Madrid.
Cette production espagnole devrait avoir une conséquence intéressante pour les automobilistes français. Déjà, le Leapmotor B10 devrait être exonéré de la taxe de 30,7 % appliquée aux voitures électriques importées de Chine par l'Union européenne. Mais ce n'est pas tout. En étant désormais assemblé en Europe, le Leapmotor B10 se rapproche aussi des critères qui permettent de bénéficier de la prime CEE renforcée, réservée aux véhicules électriques répondant à certaines exigences de production européenne.
Il pourrait donc profiter d'un coup de pouce supplémentaire, à condition notamment que les cellules de sa batterie soient elles aussi fabriquées dans l'Espace économique européen et que le modèle obtienne les validations réglementaires nécessaires. Bref, pour l'instant, rien n'est confirmé. Mais une éventuelle éligibilité à cette aide constituerait un argument supplémentaire pour ce SUV électrique chinois. La prime varie d'environ 3 600 à 6 100 €, ce qui rendrait le prix encore plus compétitif.
Avec cette alliance, Stellantis ne se contente plus de distribuer des voitures chinoises en Europe. Le groupe participe désormais directement à leur fabrication. Et ce changement pourrait bien annoncer une transformation plus profonde de son modèle industriel.












