MAN continue d'investir dans la charge des camions électriques. Alors qu'il validait en début d'année une recharge à 750 kW à basse température, le constructeur va désormais beaucoup plus loin. Dans le cadre du projet NEFTON, il vient de valider un courant de charge de 3 000 ampères en "conditions contrôlées". Réalisée sur banc d'essai, cette performance marque une avancée concrète vers la recharge à 3 MW pour les camions électriques.
Le passage de 1 à 3 MW impose un saut technologique radical. À 1 MW, un camion électrique se recharge sous 800 volts avec un courant de 1 250 ampères. Pour atteindre 3 MW à la même tension, il faut monter à 3 000 ampères. « Pour atteindre de telles valeurs, certains composants nécessitent un changement technologique complet » explique le consortium. Par exemple, les câbles conventionnels du secteur automobile ne peuvent transmettre des courants supérieurs à 2 000 ampères sans surchauffe.
Les équipes ont donc repensé l'architecture de charge. Le chemin de courant a été optimisé pour réduire la résistance électrique, source de pertes thermiques importantes à ces intensités. Un système de refroidissement liquide a été intégré aux câbles pour maintenir tous les composants dans les plages de température acceptables. Les contacteurs et dispositifs de commutation ont également été adaptés pour supporter ces capacités élevées, en tenant compte des contraintes d'intégration, de poids et de sécurité côté véhicule.

Recharge à 750 kW sous zéro degré : MAN valide le mégawatt pour ses camions électriques
Les participants du projet justifient ces niveaux de puissance par des cas d'usage précis du transport routier. Certaines missions démarrent sans charge nocturne pour des raisons logistiques, d'autres impliquent des équipes de deux conducteurs où les temps d'arrêt doivent rester minimaux. Les charges ultra-rapides répondent aussi aux situations où la recharge ne peut pas s'effectuer pendant les pauses réglementaires obligatoires.
À plus long terme, le consortium envisage une réduction des capacités de batteries embarquées si plusieurs recharges ultra-rapides par jour deviennent possibles. Cette stratégie permettrait de diminuer le poids et le coût des véhicules, tout en maintenant l'autonomie opérationnelle nécessaire.

Evidemment, la démonstration sur banc d'essai ne suffit pas à lancer un véritable déploiement sur le terrain. Pour dépasser significativement le mégawatt, une nouvelle génération de systèmes de batteries s'impose. Chimie des cellules, conception des modules et interconnexion électrique devront être optimisés pour absorber et traiter efficacement des niveaux de courants élevés. Des ajustements seront également nécessaires côté infrastructure de charge.
Maison mère de MAN, Traton a d'ailleurs confirmé la poursuite des travaux au-delà de la fin du projet.











