Bruxelles a entamé un dialogue stratégique avec les acteurs de l'industrie automobile. Ursula von der Leyen a donné rendez-vous à tout le monde le 5 mars 2025 pour présenter un plan d'action. Objectif : mettre en place de nouveaux outils pour accélérer les ventes de voitures électriques en Europe. L'ONG Transport & Environment propose d'obliger toutes les flottes de plus de 100 voitures à passer à l'électrique à partir de 2030.
Si les recommandations de l'ONG étaient écoutées, cela permettrait de générer « la moitié des ventes de voitures électriques dont les constructeurs automobiles européens ont besoin pour atteindre les objectifs fixés par la Commission ». Rappelons que pour les marques européennes, 62 % des ventes d'automobiles se font sur le marché des entreprises, contre « seulement » 49 % pour les constructeurs non européens.

Malgré son fort potentiel pour soutenir le secteur automobile européen dans sa transition vers l'électrique, ce marché n'est encore qu'à un stade embryonnaire. T&E rappelle qu'en Europe, « les entreprises s'électrifient à peine plus vite que les ménages ». C'est 14,3 % pour les flottes, contre 13,6 % pour les particuliers. En Allemagne et en France, les deux plus grands marchés, les entreprises s'électrifient encore plus lentement que les ménages.

Normes CO2 : les constructeurs vont peut-être éviter des amendes de l’Europe
Une nouvelle loi européenne fixant des objectifs contraignants en matière d'électrification pour les grandes flottes permettrait de « soutenir les investissements des constructeurs automobiles européens », selon les experts de T&E. Cela serait aussi un moyen de mettre plusieurs millions de véhicules électriques d'occasion sur le marché. En Europe, près de 8 citoyens sur 10 achètent leur voiture sur le marché de l'occasion.
Stef Cornelis, directeur du programme des flottes électriques chez T&E, précise que « l'Europe a besoin de politiques climatiques qui renforcent notre compétitivité. Nous demandons aux grandes entreprises de passer plus rapidement à l'électrique. Au lieu de faire pression pour affaiblir les normes CO2, les constructeurs devraient plutôt plaider en faveur d'une loi européenne comme celle que nous proposons ».
Enfin, T&E demande également à la Commission européenne de mettre en place un « éco-score ». Il évaluerait la production de véhicules électriques utilisant des « matériaux propres ». Ainsi, les modèles fabriqués en Europe seraient mieux notés. Pour aller plus loin, les flottes pourraient être obligées d'acheter des électriques ayant un certain niveau d'éco-score. Cela permettrait de stimuler la demande de voitures fabriquées en Europe.











