Onze agences gouvernementales chinoises ont publié une feuille de route destinée à transformer le transport routier de marchandises. La Chine, déjà largement en avance sur l'Europe dans ce domaine, veut désormais changer d'échelle. Le plan fixe trois objectifs pour les poids lourds de plus de 12 tonnes à l'horizon 2030. Les véhicules à énergies nouvelles devront représenter 40 % des immatriculations neuves. Le parc total atteindra 1,6 million d'unités, soit environ 20 % des poids lourds en circulation. Enfin, ces véhicules devront assurer 18 % du fret transporté sur les grands axes autoroutiers.
Pour soutenir cette transition, Pékin prévoit de subventionner la construction de 3 000 stations de recharge et d'échange de batteries. Objectif : créer 30 000 kilomètres de corridors de fret décarbonés sur les principales autoroutes du pays. Les nouvelles aires d'autoroute, ainsi que celles rénovées, devront intégrer des infrastructures de recharge ou réserver des espaces pour leur installation future.
Certaines régions bénéficieront de mesures encore plus ambitieuses. Dans les zones fortement urbanisées, les autorités visent un taux d'électrification de 80 % pour les liaisons courtes et régulières.

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Ces chiffres illustrent une nouvelle fois l'avance prise par la Chine. En 2025, le pays a immatriculé 231 100 poids lourds à énergies nouvelles, contre seulement 6 372 camions rechargeables de plus de 16 tonnes en Europe, selon l'ACEA. Là où l'Europe avance progressivement avec un parc encore fortement diesélisé, Pékin combine subventions, réglementation et infrastructures à grande échelle pour accélérer la conversion des transporteurs.












