Lorsque nous avons donné la parole à Steven en octobre 2025 concernant sa passion pour les Smart ForTwo électriques, il nous avait annoncé être responsable d’une équipe de convoyage pour la société NCS (Nelson Convoyage Services) installée dans les environs de Nantes. Au total, huit personnes s’activent ainsi à conduire à destination des véhicules plutôt que de les faire acheminer par camion.
Cette révélation avait donné lieu à une petite discussion hors sujet sur le métier de convoyeur et son évolution consécutive au développement de l’électromobilité. Nous avions alors ressenti la possibilité d’un article à part entière. Sollicité, Nelson, fondateur de NCS et de Nelson-Préparation, a rapidement accepté cette idée, confiant à Steven le soin de nous présenter les activités des deux entreprises.

Ce nouveau témoignage nous fait entrer dans un univers peu médiatisé. Inutile par exemple de rechercher sur le Net le site de NCS. S’il existe bien, il se réduit à une page permettant aux professionnels de l’automobile de réserver des missions de convoyage. L’entité Nelson-Préparation est même invisible. Partons à la découverte de ces services qui se complètent, et se renouvellent avec l’électrique.
Peut-être que nos lecteurs ont déjà eu l’occasion de constater cette fine couche de paraffine recouvrant des véhicules neufs lors de leur acheminement par camion et/ou train depuis l’usine jusqu’à la concession. Même sans cette pellicule protectrice, les carrosseries présentent le plus souvent des salissures à faire disparaître avant présentation dans un hall de ventes ou remise aux clients automobilistes. Peut-être pensez-vous que c’est le personnel de la concession qui effectue le travail de préparation.

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Le plus souvent, « c’est externalisé, et ça concerne aussi les voitures d’occasion qui ont eu le temps de se salir en étant exposées à l’extérieur. Ce lavage de la carrosserie, c’est ce que nous faisons pour plusieurs marques comme Citroën, Peugeot, Fiat, Volvo, Ford, BYD, etc. L’opération est en général réalisée directement dans les concessions quand tout le nécessaire est présent sur place. Ainsi chez Citroën Nantes où il y a deux machines à rouleaux. Mais rien chez BYD, alors nous rapatrions les véhicules chez nous pour les préparer ».
Steven se souvient très bien de la place de l’électrique quand il est arrivé il y a 7 ou 8 ans : « L’entreprise effectuait alors à l’occasion la préparation de Citroën C-Zero. J’ai moi-même livré la dernière e-Mehari. À l’époque, les VE restaient encore relativement rares. Les préparateurs n’étaient pas du tout passionnés ni même intéressés par les véhicules électriques ».
Le site comprend aussi un parking d’une capacité de 250 véhicules. Il n’était pas rempli lors du recueil du témoignage, vendredi 12 décembre 2025 en fin d’après-midi : « Sur les 180 voitures neuves que nous avons sur le parc aujourd’hui, 50 sont des électriques. Elles peuvent parfois rester plusieurs semaines ou mois chez nous, parfois même plus d’un an. La Citroën ë-C3 est sortie il y a environ 18 mois. II nous en reste encore de ce moment-là sur le parking. Elles ne sont pas shuntées, le fusible n’a pas été mis ».
Il y a une véritable imbrication entre Nelson-Préparation et NCS : « Il n’y a pas de préparation sans convoyage et pas de convoyage sans préparation. Nous proposons aussi nos services pour d’autres sociétés, pas seulement pour les concessionnaires et garages. Par exemple, quand un commercial qui a une voiture à sa disposition quitte ses fonctions à Angers, une entreprise peut vouloir la réattribuer à un autre collaborateur à Toulouse. Dans ce cas, nous allons d’abord rapatrier le véhicule chez nous près de Nantes pour le reconditionner. Nous allons lui donner un coup de propre avant de le convoyer à la nouvelle agence d’affectation ».
La livraison peut également comprendre « la prise en main du véhicule. Nous le faisons par exemple pour Spie, en particulier pour des utilitaires comme le Citroën ë-Jumpy ou le Volkswagen ID. Buzz. Un truc tout bête pour ce dernier : retrouver le câble de recharge. Il est logé dans une trappe à droite, au niveau du seuil de la porte latérale coulissante. Sur les véhicules électriques, la roue de secours est remplacée par un kit anti-crevaison. Où est-il ? Il y a plein de petites choses comme ça à montrer ».
Certains modèles sont plus fréquemment pris en charge chez NCS : « Pour Idex et Spie, c’est la Peugeot e-208 que nous convoyons le plus. On a aussi eu à livrer une vague de 70-80 Volkswagen ID.3 et vu passer pas mal de Skoda Enyaq, MG4, Citroën ë-Berlingo et ë-Jumpy. Pour les commerciaux et responsables d’agence, ce sont plutôt des Kia EV6 ainsi que des Hyundai Ioniq 5 et Ioniq 6. En électriques, nous faisons nos plus gros volumes avec les marques Peugeot, Citroën, BYD et Fiat ».
Des particuliers peuvent aussi profiter des services des deux entreprises de Nelson : « C’est le cas quand un automobiliste recherche un modèle précis avec des options et/ou des équipements peu courants. Par exemple une Peugeot e-308 verte avec un toit ouvrant et un chargeur 11 kW AC, vue sur le site Internet LeBonCoin et disponible dans une concession à Nantes. C’est une pratique qui s’est développée avec la Covid ».

Même si les volumes ne sont pas très élevés, ce n’est plus exceptionnel : « Nous en avons de plus en plus. Au 12 décembre 2025, nous en avons déjà pris en charge une dizaine pour le mois. Dans ce cas, lors de la livraison à l’automobiliste, nous assurons la prise en main et la signature des papiers. En revanche, cette partie administrative, nous ne nous en occupons pas quand il s’agit d’un véhicule attribué avec le leasing social. C’est trop compliqué et risqué, même déjà pour les concessionnaires qui connaissent des rejets au niveau de l’organisme dédié ».
Ce n’est pas sans raison que les clients de NCS préfèrent le convoyage à la livraison par camion : « Ce n’est pas forcément au niveau du prix que nous sommes les mieux placés en raison du coût du péage et de la recharge, mais aussi des frais éventuels de nuitée et de retour par covoiturage BlaBlaCar, en train, voire même en avion. Là où nous sommes souvent meilleurs, c’est sur la réactivité, mais aussi sur la possibilité de livrer dans les zones urbaines où les camions ne peuvent pas facilement circuler ou s’arrêter ».
Souvent, le convoyeur de l’entreprise ligérienne revient avec un autre véhicule : « Dernièrement nous avons livré une Citroën ë-C3 et sommes revenus avec une Volkswagen Coccinelle de 2012. Dans le cadre du verdissement des flottes dans les entreprises, il est devenu courant d’acheminer un véhicule électrique et de rentrer avec le modèle thermique qu’il remplace. Ce sont aussi parfois d’anciens utilitaires électriques pas simples à rapatrier ».
Ainsi avec deux Citroën Berlingo encore équipés d’une prise CHAdeMO : « Ça a été une véritable catastrophe pour revenir avec eux depuis le centre de la France par l’autoroute avec une galerie sur le toit et leur batterie de vingt et quelques kilowattheures. Sur le parcours, une des bornes visées était en panne. L’un des deux convoyeurs a pu parvenir à la suivante et revenir à l’entreprise vers 18h00 ». L’autre n’est rentré que sept heures plus tard, le lendemain à 01h00 : « Il a dû faire appel à l’assistance une première fois. Le camion l’a bien déposé à une borne, mais en courant alternatif. Comme c’était vraiment trop long, j’ai décidé de recourir une seconde fois à l’assistance pour cette fois-ci rejoindre une borne CHAdeMO. Le collègue est revenu assez vexé de cette aventure ».
Convoyer des véhicules électriques impose de souvent recharger en cours de route et/ou à l’arrivée : « Au début, on se contentait de flasher le QR Code sur la borne, mais nous avons rencontré des problèmes. C’est pour cela que nous avons pris l’offre Chargemap Pro. Maintenant, chacun des 10 convoyeurs a sa propre carte. Avec de plus de plus de trajets en VE, nous en sommes rendus à 5 pages pour la facture mensuelle qui approche les 1 000 euros. Le badge facilite vraiment la vie des convoyeurs ».
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Ils avaient déjà une carte TotalEnergies pour le carburant : « Ils devaient donc faire le plein de gazole ou d’essence dans ce réseau. Avec la carte Chargemap, ils peuvent aller où ils veulent, et en général ce n’est pas chez TotalEnergies. Les convoyeurs préfèrent Ionity, et surtout Fastned car les bornes sont abritées. Nous bénéficions parfois de réductions en allant chez les partenaires de Chargemap. En partant de NCS, la batterie est pleine. Au bout des longues distances, nous devons remettre les VE avec un minimum de 30 % d’énergie dans la batterie ».
Heureusement que la recharge en France a atteint un bon niveau de fiabilité : « Les convoyeurs nous font peu de retours de pannes sur les bornes. Comme nous ne travaillons pas le week-end, nous ne connaissons pas non plus les stations saturées. La Skoda Enyaq à petite batterie n’est pas trop aimée chez nous car elle oblige à recharger souvent. A l’inverse, le Volkswagen ID. Buzz à grosse batterie est apprécié, en particulier pour son confort. Pas de Tesla : les entreprises privilégient les marques européennes pour des raisons fiscales et ne veulent pas associer leur image à Elon Musk ».
Les sociétés de Nelson cherchent à se diversifier : « Nous sommes déjà centre de livraison pour la Citroën Ami. Actuellement des discussions sont en cours pour stocker et faire centre d’essai pour les Microlino. Nous aimerions bien aussi proposer ces deux modèles à la location. Ils dégagent quelque chose de sympa qui peut intéresser pour des shootings photos ou le tournage de pubs ».
NCS aimerait d’ailleurs aller plus avant dans la voie de la location : « Nous pensons à un véhicule à 9 places pour aller à la montagne par exemple. Là, en revanche, nous ne sommes pas prêts à passer à l’électrique. C’est trop tôt. Nous pensons plutôt à un Citroën SpaceTourer diesel ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Nelson et Steven pour ce témoignage que nous avons sollicité.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.













