Mercedes a présenté plusieurs technologies qui pourraient équiper ses futures voitures électriques. Au programme : un convertisseur capable d'optimiser la gestion de la batterie, des vitres communicantes et même un pare-brise holographique. Mais toutes ces innovations ne semblent pas forcément très utiles...
À l'occasion de ses 140 ans, Mercedes donne un aperçu des technologies sur lesquelles travaillent ses ingénieurs. La marque explore plusieurs pistes pour améliorer l'efficacité de ses VE, mais aussi transformer la manière dont les occupants interagissent avec leur véhicule. Trois innovations ont été présentées le 3 novembre 2026.
La première innovation est probablement la plus intéressante. Mercedes développe un nouveau convertisseur de puissance qui peut fournir une tension capable d'atteindre 800 volts, indépendamment du niveau de charge ou du vieillissement des cellules de la batterie. Son fonctionnement repose sur des micro-convertisseurs programmables qui contrôlent individuellement les flux d'énergie.
Cette approche permettrait de s'affranchir en partie des contraintes imposées par l'architecture traditionnelle des batteries. À terme, Mercedes espère réunir plusieurs fonctions électroniques dans un seul équipement, avec des bénéfices potentiels sur l'efficacité énergétique, l'encombrement et l'autonomie.
Le système pourrait également faciliter la recharge bidirectionnelle, notamment les fonctions V2H et V2G pour alimenter la maison ou le réseau.
Attention aux annonces trop enthousiastes. Le prototype actuel ne délivre que 3 kW de puissance. Il faudra donc encore du travail avant d'envisager une application à la propulsion d'une voiture électrique. Aucun gain d'autonomie chiffré n'a été annoncé.
Mercedes travaille aussi sur un pare-brise capable d'afficher des informations holographiques. Un projecteur intégré au tableau de bord et un film spécifique inséré dans le vitrage permettent de faire apparaître des contenus sous certains angles.
Le constructeur imagine notamment des indications de navigation, des informations contextuelles, mais également des appels vidéo ou des films. Le conducteur et le passager pourraient voir des contenus différents sur une même surface.



Sur le papier, l'idée est séduisante. Mais elle pose une question : avons-nous réellement besoin de davantage d'informations dans notre champ de vision ? Un affichage tête haute classique permet déjà de consulter les données essentielles sans quitter la route des yeux. L'intérêt d'une telle technologie dépendra surtout de son utilisation.
Des indications de navigation discrètes pourraient être pertinentes. Mais multiplier les animations et les contenus visuels risquerait de compliquer la lecture de la route. La question des distractions et des conditions d'utilisation de ces fonctions reste entière.
Troisième piste explorée : intégrer des mini-LED et des micro-LED directement dans les vitrages. Mercedes envisage notamment d'afficher des avertissements, des symboles ou des informations routières sur la lunette arrière. Cette technologie pourrait présenter un intérêt pour la sécurité, à condition que les messages soient immédiatement compréhensibles par les autres usagers.
Mais l'intérêt réel de cette technologie reste à démontrer. Les automobilistes disposent déjà des feux de stop, des clignotants et des feux de détresse pour communiquer. Ajouter des messages lumineux sur les vitres risque surtout de multiplier les informations à décrypter, voire de distraire les autres conducteurs. Sans compter qu'il faudrait standardiser ces nouveaux signaux pour qu'ils soient compris de tous.



À vouloir trop communiquer, Mercedes pourrait finalement compliquer ce qui fonctionne déjà très bien. Sans compter les coûts des réparations...
Précisons toutefois que ces trois projets sont au stade du développement, sans calendrier de commercialisation. Ils illustrent surtout deux visions de l'innovation automobile : celle qui améliore concrètement l'efficacité d'un véhicule et celle qui cherche à réinventer l'expérience à bord. Les deux ne sont pas incompatibles, mais leur utilité mérite d'être évaluée avec la même exigence.











