L'équipementier allemand ZF a développé un nouveau moteur destiné aux voitures électriques. Capable de tourner à 30 000 tr/min, il est plus léger, plus compact et surtout moins gourmand en aimants. Une innovation qui pourrait intéresser les constructeurs, notamment pour réduire leurs coûts de production.
Dans l'industrie automobile, les innovations ne concernent pas uniquement les batteries. Les moteurs électriques disposent eux aussi d'une marge de progression. ZF entend bien le démontrer avec son nouveau système baptisé High Revolution Drive.

Stellantis va miser sur des batteries moins chères dès 2027
Sa particularité ? Il atteint 30 000 tr/minute, contre 18 000 pour le moteur de référence utilisé par l'équipementier. L'intérêt n'est pas de faire rouler les voitures plus vite, mais de produire autant de puissance avec un ensemble mécanique plus compact.
Pour y parvenir, ZF associe son moteur à un réducteur à deux étages, avec un rapport de transmission d'environ 18:1. Le système développe jusqu'à 200 kW (272 ch) et délivre un couple de 3 500 Nm aux roues. Il intègre aussi l'onduleur dans un ensemble unique.
C'est probablement le chiffre le plus intéressant de cette annonce. Selon ZF, son nouveau moteur nécessite 50 % de matière magnétique en moins qu'un système comparable. Un argument important dans un contexte où les constructeurs cherchent à limiter leur dépendance aux chaînes d'approvisionnement en terres rares.
Les bénéfices ne s'arrêtent pas là. À puissance identique, le High Revolution Drive serait également 25 % plus léger et occuperait environ 25 % d'espace en moins. De quoi faciliter son intégration dans les futures plateformes électriques. ZF assure que ces améliorations ne dégradent pas le rendement énergétique.
En revanche, l'équipementier ne communique aucun gain d'autonomie précis. Il serait donc prématuré de promettre un quelconque avantage chiffré à ce jour.
Il faut maintenant transformer cette innovation en produit industriel. Faire tourner un moteur aussi rapidement impose notamment de maîtriser les vibrations, les nuisances sonores et les contraintes mécaniques. ZF affirme avoir travaillé sur ces différents aspects. Le système vise principalement les voitures électriques entre 150 et 200 kW. Il pourra fonctionner avec des architectures 400 ou 800 volts.

« L’industrie automobile européenne va mourir » : le patron de Renault tire (encore) la sonnette d’alarme face aux Chinois
L'équipementier indique discuter avec plusieurs constructeurs et ambitionne une production en série d'ici 2030. Aucun modèle n'a encore été annoncé. Quant aux économies promises, il faudra attendre les premières applications commerciales pour vérifier si elles se traduisent réellement par des voitures électriques moins chères.











